Retour sur un échange qui met en lumière un écart persistant dans l’appréciation des situations vécues par les enseignants.
À la suite du courrier adressé au Recteur en janvier 2026, nous avons été reçues en entretien le 18 mars par Monsieur Beraha, adjoint au Recteur et DRH de l’académie, ainsi que par Monsieur André, chef de la division des établissements d’enseignement privés (DEEP). Audrey Hoflack et Patricia Lucullus représentaient notre organisation lors de cet échange.
Si nous avons bien entendu les améliorations que Monsieur le DRH s’emploie à mettre en place dans la gestion des réponses des services administratifs aux agents, cet entretien a principalement mis en lumière un écart significatif entre notre perception, nourrie par les échanges quotidiens avec les collègues sur le terrain, et celle de l’administration.
À son issue, le constat d’une incompréhension persistante s’impose. Nous devons également souligner une certaine déception. Les observations que nous avons formulées sur le fonctionnement de l’institution, notamment l’usage du terme de « dysfonctionnement », n’ont manifestement pas été reçues favorablement, et nous n’avons pas eu le sentiment d’être entendues sur le fond de nos préoccupations.
Pourtant, oui, notre confiance dans l’administration se fragilise à mesure que nous constatons ce que nous ne pouvons pas appeler autrement que “dysfonctionnement”, pour ne reprendre que l’exemple de la campagne hors-classe d’août 2025 :
- des erreurs récurrentes dans les tableaux de promotion à la hors-classe, corrigées en amont des commissions parce que nous les avons signalées ;
- l’absence de correction de certains tableaux malgré nos signalements, y compris le jour même des commissions ;
- des écarts importants entre les décisions prises en commission et leur publication sur Iprofessionnel, laquelle s’est avérée erronée et retirée du site suite à notre intervention…
Ces constats nous conduisent légitimement à nous interroger sur la fiabilité des procédures et sur la capacité de l’administration à sécuriser des étapes essentielles dans la carrière des enseignants.
Concernant l’accompagnement des enseignants en situation de fragilité professionnelle, souvent liée à des problématiques de santé, les remontées de terrain sont particulièrement préoccupantes, et oui, pour tous les dossiers que nous suivons, le constat est le même :
- des délais de traitement excessivement longs, parfois assimilables à de l’inertie, pour des situations nécessitant pourtant une intervention rapide du Rectorat ;
- l’absence de réponse pendant plusieurs mois aux sollicitations adressées au service RH « de proximité », qu’elles proviennent des enseignants, des chefs d’établissement, de la DEEP ou des représentants syndicaux ;
- un impact aggravant des difficultés administratives sur la situation personnelle des enseignants concernés.
Les témoignages que nous recueillons sont explicites. L’un d’eux illustre particulièrement cette réalité :
“Au bout de quatre ans, épuisée par le harcèlement permanent et par la pression, et malgré ma demande d’aide auprès du diocèse, j’ai été mise en arrêt maladie par mon médecin traitant pour burnout. Ce fut le début de mon périple au sein de l’administration du Rectorat. (…) En dehors, de mon syndicat Snec-CFTC qui a eu la gentillesse de me soutenir, en dehors de Mme Hoflack, qui m’a accompagné tout au long de ma souffrance, rien ni personne au sein de l’administration du Rectorat, ni même du diocèse ne m’a entendu ou tendu la main.”
Lors de cet entretien, nous avons évoqué plusieurs situations individuelles particulièrement préoccupantes, pour lesquelles les services RH restaient silencieux malgré nos sollicitations. Si aucune réponse immédiate n’a été apportée, l’engagement a été pris de revenir vers nous rapidement. Nous avons pu constater qu’une de ces situations a connu une évolution dès le lendemain : une enseignante a été convoquée par le Rectorat afin de faire le point sur sa situation, qui était complètement bloquée depuis septembre 2025.
Le sentiment qui domine à l’issue de cet entretien reste une forme de déception. Pour autant, notre détermination demeure entière. Nous continuerons à faire remonter avec constance les dysfonctionnements constatés et, osons le dire, les formes de maltraitance administrative que nous ne pouvons ignorer.
Nous ne nous inscrivons pas dans une posture de critique systématique et de confrontation. Notre objectif est inchangé : contribuer à faire évoluer les pratiques et les procédures dans l’intérêt des collègues que nous représentons. Mais cette ambition suppose une écoute réelle de la part de l’administration. Les situations que nous portons ne peuvent rester invisibles ; nous poursuivrons notre action avec responsabilité et persévérance afin qu’elles soient prises en compte et trouvent des réponses adaptées.
Soyez assurés de notre engagement.
Vos élus en CCMI et en CCMA, ainsi que toute l’équipe Snec-CFTC Créteil.


